vendredi 11 avril 2008

Témoignage de la fermeture du foyer "Les Acacias" - Vénissieux

Nous sommes tous réunis et solidaires pour soutenir les familles du foyer Sonacotra « les Acacias » à Vénissieux, puisque en ce jeudi 10 avril, elles allaient se retrouver à la rue, sans aucune solution concrète de relogement.

Je rencontre Maria, qui est en France depuis 6 ans, et qui s’est retrouvée en juillet 2007 à la rue, avec ses enfants « à traîner à droite à gauche, de foyer en foyer », et qui reste très préoccupée par la situation actuelle. Elle me parle de cette France « terre d’asile, pays des droits de l’homme » qui portait tous ses espoirs d’une vie meilleure, « stable », surtout pour ses enfants.

Je suis face à une personne désemparée, qui se sent humiliée, « nous sommes considérés comme des moins que rien…dormir sur des lits de camps en France en 2008…vous vous rendez compte ? » et qui se demande si le fait d’être sans papier, aujourd’hui, en France, c’est un crime. « Là mes enfants sont à l’école, avec la peur au ventre ».

J’échange quelques mots avec Thierry, travailleur social, qui intervient depuis novembre dans le foyer, il fait un réel travail de proximité, coordonne, organise, vérifie que les enfants vont bien à l’école tous les matins. Lui non plus ne sait pas ce qui va se passer, il évoque des « demi solutions » mais rien de réellement concret, que du temporaire…

Pourtant, c’est l’Etat qui est en position d’hors la loi dans le cadre de l’application de l’article 4 de la loi DALO, nous ne pouvons que réagir activement afin que la loi soit appliquée et que des solutions adaptées soient mises en place, des solutions durables et concrètes pour les populations précaires de Lyon, et qu’un moratoire des fermetures d’hébergements d’urgence soit obtenu.

Laetitia Liquet

jeudi 10 avril 2008

Fermeture du Foyer "Les Acacias" - Vénissieux

DES FAMILLES DES ACACIAS
NI EXPULSÉES, NI RELOGÉES


Aujourd'hui était programmée la fermeture des places d'hébergement du plan hivernal au foyer Adoma des Acacias à Vénissieux, gérées par l'association Entretemps.

A ce jour, 8 familles restent sans solution de relogement satisfaisante.

Cette situation est en contradiction avec l'article 4 de la Loi sur le Droit Au Logement Opposable (DALO) : « Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation ».

Pour l'heure, concernant les Acacias, aucune décision n'a été prise, ni dans le sens d'une fermeture confirmée, ni dans le sens d'une prise en charge pérenne. Cependant, l'association Entretemps maintiendrait pour 15 jours, avec l'accord du Préfet Jacques Gérault, la prise en charge des familles.

Le Député-Maire de Vénissieux André Gérin s'est rendu sur place et a rappelé par une lettre datée du 10 avril au Préfet du Rhône Jacques Gerault le rôle majeur que l'Etat doit jouer dans la continuité de la prise en charge de ces familles.

Cette initiative nous semble rejoindre la volonté du Premier Ministre François Fillon exprimée dans sa lettre du 22 février 2008 aux Préfets de Région et de Département:
« Trois axes doivent être poursuivis: ne plus condamner à la rue, offrir des solutions adaptées à ceux qui veulent sortir de la rue et se donner plus de moyens pour appliquer la Loi du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable. »

Le réseau reste très préoccupé:
- par la situation de ces familles au foyer des Acacias
- par les fermetures programmées du Train de Nuit le 22 Avril 2008, des places d'hébergement des foyers Adoma et FNDSA à Villefranche et des foyers Aralis Vénissieux et Gerland le 30 Avril 2008 (fermeture temporaire du Mail du 14 avril au 4
mai).


Le réseau « Personne Dehors! » :
- poursuit sa demande d'un moratoire des fermetures d’hébergements d’urgence,
- demande des solutions de relogement pour les personnes et familles dans le cadre d’un travail concerté entre associations de terrain, structures d’hébergement et instances publiques, enfin
- défend une prise en charge adaptée des populations précaires à Lyon dans le cadre de l’application de la loi DALO.


Voir le Fichier : CommuniquePresse-FermetureAcacias100408.pdf
Voir le Fichier : CommuniquePresse-FermetureAcacias100408.doc

Venez nombreux ce jeudi 10 avril et diffusez l'appel au rassemblement!

Rassemblement à 8h30 au Foyer Les Acacias, 23 rue Oradour sur Glane à Vénissieux.

Prendre le périphérique, sortie Parilly puis prendre avenue Viviani. La rue en question est sur la gauche en venant du périph'

Pour les personnes venant en transports en commun: métro ligne D, arrêt "Parilly" ou bus 23, 52 & 53.

mercredi 9 avril 2008

Communiqué de Presse

L’ETAT, HORS LA LOI à LYON :
PAS DE FERMETURE D’HEBERGEMENT
SANS SOLUTION DURABLE POUR LEURS OCCUPANTS!

A Lyon, 219 places d’hébergement seront fermées ou supprimées dans 7 structures au mois d’avril. Plus de 200 personnes, vivant seules ou en famille, seront ainsi remises à la rue dans les prochaines semaines sans aucune proposition claire de relogement.

Elles auront pour unique perspective l’appel au 115, un dispositif pourtant déjà saturé qui refuse chaque soir en moyenne 50 personnes[1]. Dans la nuit du lundi 7 avril 89 personnes ayant sollicité le 115 sont restées sans offre d’accueil[2]. Ces chiffres risquent d’augmenter dans les jours et semaines à venir au vu des nouvelles fermetures et suppressions de places d’hébergements.

Cette situation va à l’encontre de la loi sur le Droit Au Logement Opposable (loi DALO du 5 mars 2007 dont l’application est garantie par l’Etat), en particulier son article 4 qui stipule que : « toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation ».
Ces remises à la rue constituent également une violation de la Charte européenne des droits de l’Homme dans la Ville signée par Lyon en juin 2002.

En conséquence, les signataires :
- exigent dès aujourd’hui un moratoire des fermetures d’hébergements d’urgence ;
- demandent des solutions de relogement pour les personnes et familles dans le cadre d’un travail concerté entre associations de terrain, structures d’hébergement et instances publiques ;
- défendent une prise en charge adaptée des populations précaires à Lyon dans le cadre de l’application de la loi DALO.

Plus largement, les signataires :
- regrettent le manque de concertation préalable et l’approche purement gestionnaire qui prévaut de plus en plus dans la prise en charge des populations précaires ;
- affirment leur soutien aux travailleurs sociaux et équipes de terrain dans leur travail quotidien rendu encore plus difficile dans les circonstances actuelles.

Nous n’acceptons pas la remise à la rue de personnes ayant obtenu un hébergement provisoire. Nous soutiendrons les actions d’occupation et dénoncerons systématiquement les fermetures sans solution prévue.

[1] Statistiques du 115 : moyenne générale sur 2007
[2] statistiques 115 du 7 avril 2008



Voir le Fichier : CommuniquedePresse-PersonneDehors.pdf
Voir le Fichier : CommuniquedePresse-PersonneDehors.doc

dimanche 6 avril 2008

Témoignage de la fermeture de l’Accueil Sympa – Vaise

L’Accueil Sympa ? C’était 15 algecos blancs alignés sur un terrain vague. Une structure d’hébergement d’urgence bien connue des gens de la rue, qui fonctionnait sur un mode « provisoire » depuis plusieurs années. Le terrain appartenait au Grand Lyon. La gestion quotidienne et l’encadrement étaient assurés par l’Armée du Salut.

Le propriétaire du terrain, le Grand Lyon, a préféré vendre… Dans quelques mois, une surface de vente flambant neuve remplacera un établissement qui fournissait un accueil inconditionnel à 60 personnes.

Au centre de la cour, les derniers occupants observent, résignés et peu bavards, les allers-retours des sacs plastiques contenant leurs biens, de l’algeco à la benne à ordure. Ils auront gardé l’essentiel à leurs côtés, pour repartir… mais où ? Les responsables de l'Armée du Salut nous assurent que des solutions d'hébergement ont été trouvées pour tous les occupants, mais les précisions restent très floues. Les occupants, eux, ne savent pas où ils pourront dormir ce soir.

60 places d’hébergement ferment aujourd’hui, alors que le système est saturé et que beaucoup d’autres fermetures sont annoncées dans les jours à venir. Et recommence la galère de l’hébergement d’urgence : appeler le 115, plusieurs fois, afin d’obtenir -ou non- une place dans un centre, mais de toutes façons pour 3 jours maxi, et recommencer, recommencer…

Peu de personnes étaient présentes pour soutenir les ex-occupants. Il faut pourtant continuer à se mobiliser, témoigner de l’urgence de la situation et médiatiser ces fermetures qui s’enchaînent, afin que les populations les plus précaires ne soient pas victimes d’une telle dégradation de leurs conditions de vie.

PS : Dans la nuit du 7 au 8 avril, le 115 a été contraint du refuser 89 demandes d'hébergement d'urgence, dont 18 personnes qui provenaient de l'Accueil Sympa : on est donc loin des propos rassurants des responsables de l’Armée du Salut lorsqu’ils nous affirmaient que tout le monde serait relogé…

François Faller